| adorno th. |
Pour survivre, l'art doit renoncer au droit à la différence et s'intégrer au tout-puissant domaine du profane.IV.4.77 |
|
La survie n'est appelée ni espérée que par le profane. L'art s'immole en Phœnix ; l'oubli suivi d'une résurrection le féconde mieux que la mémoire précédée d'une insurrection.IV.4.286 |
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| bacon f. |
Nam et ipsa scientia potestas est.
Le savoir, en soi, c'est le pouvoir.IV.4.78 |
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Quand le savoir se met du côté des sbires on se sent proche des émeutiers d'un savoir désintéressé et clandestin. Le vrai savoir ne fournit que l'outil, aux praticiens de s'en servir comme d'un gourdin ou d'un code.IV.4.287 |
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balzac h.  |
La misanthropie est une grande vanité cachée sous une peau de hérisson.IV.4.79 |
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Elle n'est pas sous la peau, elle est dans les pointes dressées. Bien sûr, rien n'est complètement vain chez le loup et le mouton que vous préférez : les dents, le poil lisse, le goût des meutes et des troupeaux.IV.4.288 |
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balzac h.  |
Je réussirai ! Le mot du joueur, du grand capitaine, mot fataliste qui perd plus d'hommes qu'il n'en sauve.IV.4.80 |
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C'est l'un des mots les moins fatalistes, le mot des boutiquiers. Par lui on ne gagne qu'en myopie et ne perd qu'en qualité du regard. Quand on finit par gagner sa place au soleil, celui-ci, en général, est déjà couché (K.Kraus : « Wenn der Platz an der Sonne errungen ist, untergeht sie »IV.4.81). Le mot le plus fataliste, c'est : « Je vais perdre contre la vie ! »IV.4.289 |
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| baudelaire ch. |
Injurier la foule, c'est s'encanailler soi-même.IV.4.82 |
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Haussement d'épaules, est-ce une injure ? La foule, c'est cette partie, dans chacun de nous, qui ignore qu'elle ne provient pas de nous-mêmes mais prétend nous représenter.IV.4.290 |
|
| baudelaire ch. |
Je m'ennuie en France, parce que tout le monde y ressemble à Voltaire.IV.4.83 |
|
Tu serais heureux aujourd'hui, en France, où tout le monde te ressemble, à toi et à tes acolytes, à des Lévy, J.-L.Servan-Schreiber, Glucksmann, A.Minc, Sollers. L'écrivain, ce n'est pas sa didactique mais ses métaphores. Et le bon vieil archer de Voltaire se rit de vos flèches imprudentes.IV.4.291 |
|
baudrillard j.    |
   Jadis, le corps fut la métaphore de l'âme, puis il fut la métaphore du sexe, aujourd'hui il n'est plus la métaphore de rien, il est le lieu de l'enchaînement machinique, d'une programmation.IV.4.84 |
|
Et avec une gestion d'exceptions et d'interruptions qui préserve nos robots de toute secousse d'âme virtuelle, vouée à une exécution algorithmique.IV.4.292 |
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| beaumarchais c. |
Aujourd'hui, ce qui ne vaut pas la peine d'être dit, on le chante.IV.4.85 |
|
Ce qui est pire, c'est que ce qui vaut d'être chanté, n'est même pas dit.IV.4.293 |
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| benda j. |
Le clerc moderne aura appris à l'homme à nier sa divinité.IV.4.86 |
|
Auparavant, le clerc dialoguait avec soi-même et ainsi intriguait l'homme incapable de bien discerner lui-même l'origine de cet interlocuteur universel ; aujourd'hui, le clerc s'adresse à sa confrérie ou, pire, au souci du jour où il n'a à soulever aucun voile ni promettre aucun mystère.IV.4.294 |
|
| bernanos g. |
 L'aristocratie polytechnique est la plus inhumaine de toutes.IV.4.87 |
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L'aristocratie consiste à chasser la machine de la proximité d'avec notre âme. Hors de nous, tout machinisme est à saluer.IV.4.295 |
|
| bernanos g. |
 La civilisation moderne est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure.IV.4.88 |
|
De conspiration elle passa vite à entente générale. Les vies intérieures rebelles battent, à leur insu, les cadences extérieures consensuelles.IV.4.296 |
|
bible   |
Pique-toi l'œil, et il en coulera des larmes ; pique-toi le cœur, et il en sortira de l'intelligence.IV.4.89 |
|
Le cœur des hommes est aujourd'hui dans leur porte-monnaie, et toute l'intelligence humaine est employée à ce qu'on ne le leur subtilise pas. La passion fait préférer à l'œil - le regard ; le goût rehausse l'intelligence insipide.IV.4.297 |
|
blok a.  |
До человека без музыки сейчас достучаться нельзя.
Impossible aujourd'hui d'atteindre, sans musique, l'homme.IV.4.90 |
|
Le robot n'a besoin ni de rythmes ni de tonalités, ses messages s'énoncent en platitudes linéaires, sans saccades ni roulades.IV.4.298 |
|
bloy l.  |
Le revers du discours des hommes ne se dévoile que dans d'épouvantables profondeurs.IV.4.91 |
|
Dans ces profondeurs, rien de plus intimidant que des roues dentées. Vu d'une certaine hauteur, tout discours continu se décompose en pointillés de culs-de-sac qu'il s'agit d'entretenir.IV.4.299 |
|
| boccace |
 La povertà non toglie gentilezza ad alcuno, ma sí avere.
La pauvreté n'ôte de noblesse à personne, la richesse oui.IV.4.92 |
|
Car la bassesse ne se manifeste qu'en actes, et le pauvre n'a pas de moyens d'agir. La noblesse s'exprime en rêves, et le riche a toujours les yeux ouverts.IV.4.300 |
|
| bossuet j. |
La ville est faite pour étourdir nos remords.IV.4.93 |
|
En troupeau, dès qu'on partage ses angoisses, ses vilenies, ses visions on accède à la mécanique quiétude d'âme qu'ignore l'homme des cavernes, l'ermite ou le misanthrope.IV.4.301 |
|
| bossuet j. |
C'est une entreprise hardie d'aller dire aux hommes qu'ils sont peu de choses.IV.4.94 |
|
La hardiesse a payé, ils se contentent de ce peu, mais demandent qu'on leur dise qu'ils valent plus que jamais. Balzac avait raison : « Aujourd'hui, Bossuet serait journaliste. »IV.4.95.IV.4.302 |
|
| brecht b. |
 Unglücklich das Land, das Helden nötig hat.
Unglücklich auch das, das keine Helden hat.
Malheureux est le pays qui a besoin de héros.
Mais malheureux aussi est le pays qui n'a pas de héros.IV.4.96 |
|
Le pays qui les cherche a besoin d'une saignée sans la mériter. Le pays qui n'en cherche pas la mérite.IV.4.303 |
|
| breton a. |
Je crois en la résolution future de ces deux états, en apparence si contradictoires, que sont le rêve et la réalité, en une sorte de réalité absolue, de surréalité.IV.4.97 |
|
Bien vu ! Seulement, sans le rêve, toute réalité n’est que sous-réalité. On comprend que ce ne soit pas un sous-rêve, en effet, qui survécut à la mort du rêve et au triomphe de la réalité.IV.4.304 |
|
bruno g.   |
La morte in un secolo fa vivo in tutti gli altri.
Mourir en un siècle fait vivre en tous les autres.IV.4.98 |
|
Plus qu'un coup d'œil au passé, c'est un coup de pied à l'avenir qui rendra noble ton silence présent, ce coup de maître.IV.4.305 |
|
busch w.  |
  Frei ist der Anfang und frei ist das Ende ;
Was dazwischen liegt, ist notwendig.
Libre est le début comme libre est la fin ;
Entre les deux s'étend la nécessité.IV.4.99 |
|
Le nécessaire devrait s'arrêter à l'avant-dernier pas, le dernier est déjà dans le superflu, la péroraison.IV.4.306 |
|
celan p.  |
  über der grauschwarzen Ödnis.
Ein baum-
hoher Gedanke greift sich den Lichtton :
es sind noch Lieder zu singen jenseits der Menschen.
En surplomb du noir-gris désert.
Une pensée
à hauteur d'arbre
saisit le ton de lumière :
il est encore des chansons à chanter au-delà des hommes.IV.4.100 |
|
En cette altitude, ce qui se chante, au lieu de se narrer, s'appelle regard à hauteur d'arbre. « Les arbres sont des poèmes que la terre écrit pour le ciel »IV.4.101 - Gibran - « Trees are poems that earth writes upon the sky ».IV.4.307 |
|
| celse |
(L'Égypte : ) des temples admirables, et au fond des sanctuaires on adore un chat, un singe, un crocodile, un bouc - un hommage aux idées éternelles.IV.4.102 |
|
Compare avec nos temples rabougris, avec sacristies, autels ou façades consacrés au robot - un hommage à l'idée de ce jour.IV.4.308 |
|
chamfort n.  |
En vivant et en voyant les hommes, il faut que le cœur se brise ou se bronze.IV.4.103 |
|
Le cœur aurait dû vivre du côté de l'homme et non pas des hommes. Par son choix inconsidéré, le bronze coula à flots. Les cœurs sonnent le glas des belles brisures de l'homme.IV.4.309 |
|
chamfort n.  |
 Quand on a la lanterne de Diogène, il faut avoir son bâton.IV.4.104 |
|
L'homme a besoin de lanterne, les hommes de bâton : pour parcourir l'immensité du désert qui t'en sépare, pour les rosser ou pour ne pas s'écrouler de rire ou de pleurs, à leur vue.IV.4.310 |
|
| chaplin ch. |
 Man is a genius. But men form the Headless Monster.
L'homme est un génie, les hommes ne sont qu'un monstre acéphale.IV.4.105 |
|
C'est plutôt à l'homme de ressembler à cette bête lorsqu'il oublie d'être un ange. Les hommes d'aujourd'hui ne sont qu'une tête, tête séparée de l'âme.IV.4.311 |
|
char r.     |
L'essaim, l'éclair et l'anathème, trois obliques d'un même sommet.IV.4.106 |
|
Il n'y a plus de soucis d'éclairage, les anathématisants se cachèrent dans des souterrains et l'essaim prit l'allure tantôt de troupeau tantôt de meute.IV.4.312 |
|
char r.     |
 Ce sont les questions des anges qui ont provoqué l'irruption des démons.IV.4.107 |
|
Quelle chance ont les contrées où ne retentissent que les questions des bêtes, qui ne provoquent que la multiplication des moutons !IV.4.313 |
|
chateaubriand f.-r.  |
Les biens de la terre ne font que creuser l'âme et en augmenter le vide.IV.4.108 |
|
Le blasé le dit, l'assoiffé le pense, le sage le fait. Le vide du sage n'a pas besoin de ces biens pour être inépuisable.IV.4.314 |
|
chateaubriand f.-r.  |
 Il est des temps où l'on ne doit dépenser le mépris qu'avec économie, à cause du grand nombre de nécessiteux.IV.4.109 |
|
Quand tu tomberas sur ton propre nom sur ces listes d'attente, tu retrouveras, peut-être de l'humilité.IV.4.315 |
|
| châtelet g. |
Il est encore temps pour l'intelligentsia française de refuser un destin de bétail cognitif en faisant plus de vagues et moins de vogue.IV.4.110 |
|
Vos vagues myopes, toujours dans le sens de la vogue de l'étable, en entretiennent l'insubmersibilité. À cognition défaillante termitière déferlante.IV.4.316 |
|
chesterton g.k.   |
Civilization has run on ahead of the soul of man, and is producing faster than he can think.
La civilisation est en avance sur l'âme de l'homme, et elle produit plus vite qu'il ne peut penser.IV.4.111 |
|
Le faire et le penser marchent main dans la main depuis belle lurette, mais la pauvre âme se mêle peu des tours de bras ou d’horizons. Ses soifs sont indépendantes de l’évolution des bas appétits ; ce qui compte en elle, ce n’est pas sa vitesse, mais ses accélérations ; que faire, si dans le programme de robotisation, adopté par l’homme, aucune fonction ne lui est assignée, d’où son dépérissement.IV.4.317 |
|
chesterton g.k.   |
 Mysticism has kept men sane. The thing that has driven them mad was logic.
Les hommes restèrent sains d’esprit grâce au mysticisme. Ce qui les rendit fous, c’est la logique.IV.4.112 |
|
Le mysticisme, c’est la représentation toujours recommencée, privilégiée par rapport à l’interprétation câblée, et c’est la navigation métaphorique dans les réseaux de signes. C’est la santé de l’intelligence. La logique privilégie l’interprétation, avec une représentation figée, ce qui engendre le robot (la mécanique de l’être) ou le mouton (la mécanique du devenir), deux formes de folie ordinaire.IV.4.318 |
|
chestov l.    |
 Вся современная философия выражает не то, чем живут люди, а то, что подсказывает дух эпохи.
Toute la philosophie moderne exprime non pas ce qui fait vivre les hommes mais ce que leur souffle l'esprit de l'époque.IV.4.113 |
|
Tu es enchaîné à la boussole de l'époque, mais c'est aux talismans de ta propre destinée que ton regard s'accroche.IV.4.319 |
|
cicéron    |
Suum cuique.
À chacun son dû.IV.4.114 |
|
Pour Shakespeare, il s'agit du fouet ('who should 'scape whipping') ; pour Frédéric le Grand ou Pouchkine, c'est la devise de leurs patries ; pour Himmler celle des camps ; pour le boutiquier celle du monde raisonnable. Condamné à profaner ce qui t’est dû, tu dois limiter l’abus en ne t’en souhaitant qu’un minimum vital (car 'abusus optimi pessimus').IV.4.320 |
|
cioran é.     |
 Voit-on le Bouddha quitter le monde à cause de ses contemporains ?IV.4.115 |
|
Le contemporain immédiat, c'est un journaliste dans l'âme, homme du media. Nos péroraisons devraient ne s'adresser qu'à l'éternité journalière ou à un passé dépassé.IV.4.321 |
|
| comte-sponville a. |
L'homme n'est grand que dans la conscience qu'il a de sa misère.IV.4.116 |
|
Sur cette échelle, il peut même dépasser la calculatrice. Heureusement, dans un autre organe, dont l'appel visiblement ne t'atteint guère, vit le rêve de la majesté humaine.IV.4.322 |
|
confucius   |
 Ne vous affligez pas de ce que les hommes ne vous connaissent pas ; affligez-vous de ne pas connaître les hommes.IV.4.117 |
|
Tout ce qu'on peut connaître de l'homme, on peut l'inculquer aujourd'hui à la machine. Ce qui est affligeant, c'est que l'homme se désintéresse de ce qui est inconnaissable en lui-même.IV.4.323 |
|
| coran |
Les femmes et les parfums sont subtils, aussi faut-il les bien enfermer.IV.4.118 |
|
Et s'exciter de la lecture d'étiquettes, sur des flacons poussiéreux ? Faire sauter ou consolider les bouchons lorsqu'un besoin d'arômes te chatouille ? Chercher à lire le message, à l'intérieur de la bouteille, ou l'expédier en cave, à l'extérieur des châteaux ?IV.4.324 |
|
| daudet a. |
Il faut que la force de ceux qui ont raison l'emporte sur la force de ceux qui ont tort.IV.4.119 |
|
Voilà la raison de la paix civile d'aujourd'hui. Et ceux qui ont tort, ceux qui battent leur coulpe, les blessés, se font rééduquer à l'école des forts, le bâillon bien mis sous anesthésie locale.IV.4.325 |
|
debray r.    |
Tout se joue dans le dos des acteurs.IV.4.120 |
|
Et même au-dessus de la cervelle du dramaturge ! Les ficelles sont tirées par des tenanciers des maisons de rapport dont fait partie le théâtre. Toute levée d'inhibitions profite plutôt au bon investisseur qu'au bon inventeur.IV.4.326 |
|
debray r.    |
Mettre les moyens du possible au service de l'impossible.IV.4.121 |
|
Le merveilleusement impossible est servi par la fidélité du regard. Le moyen, ne serait-il pas infidélité latente ? « Soyons réalistes, exigeons l’impossible »IV.4.122 - Che Guevara - « Seamos realistas, exijamos lo imposible ».IV.4.327 |
|
debray r.    |
  À trop fuir la cérémonie, on s'exclut de la fête.IV.4.123 |
|
Après le spirituel, le rituel aussi fiche le camp au profit du ponctuel : être au bon endroit au bon moment. L'avenir des hétérodoxes est dans la gestion des agendas.IV.4.328 |
|
debray r.    |
La France est un revenez-y d'écumes et de fontaines, de cascades et d'avens, une façon de s'y prendre avec les robinets, les regards des filles et le temps qui passe.IV.4.124 |
|
La patrie n'est pas ce qu'on aime, elle est ce qu'on aime sans savoir pourquoi.IV.4.329 |
|
debray r.    |
 L'Amérique pense le câble, et l'Europe, le message.IV.4.125 |
|
« Vous êtes les facteurs, moi j'écris les lettres »IV.4.126 - Pouchkine - « Вы - почтари, а я слагаю письма ». Mais les facteurs prennent leur revanche : « Le facteur du m’as-tu-vu, ce méchant jumeau évince l’homme de la plume, du m’as-tu-lu et de la honte »IV.4.127 - Joyce - « Shem the Penman is taken advantage of by his evil twin Shaun the Postman ». L'écoute des hommes étant de plus en plus tournée vers les machines, le message, pour être entendu, a de plus en plus besoin du câble. Ainsi le message, ami de la vie et ennemi du nombre, se dévitalise et se digitalise. Ce qui m'attire le plus, c'est le messager, l'ange sans maître et sans affolement ni panique.IV.4.330 |
|
| delacroix e. |
L'un des inconvénients du caractère français, c'est l'absence du sentiment du devoir.IV.4.128 |
|
Un vide du même ordre est l'absence du sentiment du droit, chez les Russes. Et c'est dans leurs vides respectifs qu'ils font évoluer leurs génies remplis du sentiment contraire. Comparez avec ceux, d'outre-Atlantique, qui ont les deux et où dorment, à la fois, et la conscience et l'élan.IV.4.331 |
|
deleuze g.   |
 De l'âge classique à la modernité, nous allons d'un état où l'homme n'existe pas encore à un état où l'homme a déjà disparu.IV.4.129 |
|
Quand les seuls itinéraires, qui vous intéressent, vont de l'assujettissement à la néantisation, il n'est pas étonnant que vous ratiez les vétilles de culs-de-sac : passions, souffrances et doutes.IV.4.332 |
|
| delille j. |
Le rêve du méchant est son premier supplice.IV.4.130 |
|
Le supplice des autres débutait, au siècle dernier, par le rêve d'un grand cœur.IV.4.333 |
|
| démosthène |
Compare avec des vivants quand tu parles du vivant.IV.4.131 |
|
Aujourd'hui, toute mesure de l'homme est mécanique, digitale ou analogique. L'homme comme mesure s'est réduit à l'unité arithmétique.IV.4.334 |
|
| desbordes-valmore m. |
Vous ne maudirez pas vos enfants infidèles,
Non d'avoir rien vendu, mais d'avoir tout donné.IV.4.132 |
|
Enterrer ses talents, c'est ne rien vendre et tout donner, le geste curieusement condamné par l'Évangile et que pratiquent des hérétiques du geste.IV.4.335 |
|
descartes r.  |
Je me promène parmi les hommes comme s'ils étaient des arbres.IV.4.133 |
|
C'est une terrible découverte qu'on fait, malheureusement, trop tard. L'impossibilité d'échos, la misère des pas partagés - qui ne seront jamais les premiers -, la fraternité d'épidermes - tandis que seule compte la musique intérieure qui s'éclôt en fleurs furtives que tu négliges, obsédé de fruits.IV.4.336 |
|
diogène laërce   |
 Connaître ce qui est plus haut que l'homme, tel est donc l'apanage de l'homme accompli.IV.4.134 |
|
Ton homme accompli a bien appris ce qui est plus haut que l'homme : le commerce et la force. Aujourd'hui, on est marchand triomphateur ou homme écrasé. Une défaite annoncée, désormais, c'est croire en l'homme comme couronnement de l'univers.IV.4.337 |
|
dostoïevsky f.    |
La France est le pays de tous les premiers pas, de la première épreuve, du premier début.IV.4.135 |
|
Le culte du premier pas ne sied qu'au temple de la liberté, où l'on glorifie l'incompréhensible.IV.4.338 |
|
dryden j.  |
 T'abhor the makers, and their laws approve,
Is to hate traitors and the treason love.
La règle reconnaître, l'exécutant haïr, -
C'est abhorrer le traître et flatter le trahir.IV.4.136 |
|
Le sot ne parvient pas à lire la règle, il n'en voit que des applications. Le sage se désintéresse des applications et ne sonde que le langage des règles.IV.4.339 |
|
| du bellay |
Entre les loups cruels, j'erre parmi la plaine.IV.4.137 |
|
Et en essayant de t'élever tu tombes entre les moutons perpétuels qui te feront regretter la plaine.IV.4.340 |
|
| edison t.a. |
 Show me a thoroughly satisfied man, and I will show you a failure.
Montrez-moi un parfait blasé, j'y trouverai un raté.IV.4.138 |
|
Le danger qui guette un raté est de devenir blasé de ses défaites.IV.4.341 |
|
| ehrenbourg i. |
  За деревьями леса не видеть? – да не реже за лесом не видят деревьев.
Les arbres cachent la forêt ? - la forêt, elle aussi, cache souvent les arbres.IV.4.139 |
|
Ce n'est pas la forêt qui est l'ennemi de l'arbre, mais la machine qui se substitue aussi bien à la forêt qu'à l'arbre lui-même.IV.4.342 |
|
einstein a.    |
   Wir leben in einer Zeit vollkommener Mittel und verworrener Ziele.
La perfection dans les moyens et la confusion dans les buts caractérisent notre époque.IV.4.140 |
|
C'est ainsi que le comptable, géniteur de la démocratie, polit une civilisation. En revanche, quand le poète proclame que le but est lumineux, le tyran, son héritier, ne lésine plus sur les moyens et nous renvoie à la barbarie.IV.4.343 |
|
| eisenhower d. |
What counts is not necessarily the size of the dog in the fight ; it's the size of the fight in the dog.
Ce n'est pas tellement le poids du chien dans un combat qui compte mais le poids du combat dans un chien.IV.4.141 |
|
C'est pourquoi le bulldog pullule et le saint-bernard est en voie d'extinction. Volé chez Twain.IV.4.344 |
|
emerson r.w.    |
An expression of the happy and clever face is the end of the culture.
Une expression de la physionomie heureuse et intelligente est la fin de la culture.IV.4.142 |
|
Les malheurs de la trésorerie et la niaiserie des inspecteurs fiscaux servent déjà de vivier à une culture en panne de soubresauts. Et combien de pannes sèches se déguisent en traversées de désert !IV.4.345 |
|
emerson r.w.    |
Nothing can bring you peace but yourself ; nothing, but the triumph of principles.
Rien ne peut nous apporter plus sûrement la paix que le triomphe des principes.IV.4.143 |
|
Et toi qui sais que les plus beaux des principes sont voués à la plus humiliante défaite, comment peux-tu aspirer encore à une paix d'âme ?IV.4.346 |
|
épicure   |
Les hommes sont trop bêtes pour qu'on s'expose au danger dans la vue de les délivrer.IV.4.144 |
|
Vous les avez tout de même délivrés ; ils sont devenus superbement intelligents ; je regrette le bon vieux temps où la modeste bêtise savait faire autre chose que calculer et même lorgnait du côté des châteaux en Espagne. Lu dans un journal cette sublime devise : « haine des tours d’ivoire et insurrection contre la sottise ».IV.4.347 |
|
épicure   |
L’homme qui vit au milieu des biens immortels est au-dessus de tous les mortels.IV.4.145 |
|
L’immortel déserta les âmes ; la mort des biens et des hommes devint un événement si bien géré et si plat, qu’elle n’est même pas au-dessus des tracas financiers ou culinaires. On n’y songe qu’une fois grabataire.IV.4.348 |
|
| érasme |
Quand l'or parle, l'éloquence est sans force.IV.4.146 |
|
C'est pour cela que le silence, dans ces moments-là, est d'or et la harangue sonne l'airain.IV.4.349 |
|
| fargue l.-p. |
Vous faites le ménage de l'univers avec les ustensiles du raisonnement. Bon. Vous arrivez à une saleté bien rangée.IV.4.147 |
|
Avec les ustensiles de l'action vous vous y noyez. Avec un nez fragile, il vaut mieux se transformer en fabricant d'ustensiles.IV.4.350 |
|
finkielkraut a.  |
 L'homme n'a désormais de comptes à rendre qu'à sa raison. Il sort de sa condition de minorité et se proclame apte à penser sans père.IV.4.148 |
|
En oubliant le Père on se prive, le plus souvent, de l'Esprit. Hors cette Trinité, même laïque, et où tu n'es qu'interprète, il n'y a que troupeau, celui des auteurs-robots. Pour bâtir un pont la raison suffit, pour bâtir une vie on devrait rendre quelques comptes à la conscience, l'éternelle oubliée des raisonneurs.IV.4.351 |
|
finkielkraut a.  |
La barbarie a fini par s'emparer de la culture. L'intolérance croît, en même temps que l'infantilisation.IV.4.149 |
|
Dès que l'amuseur public a plus de temps d'antenne que l'intellectuel, celui-ci crie à l'apocalypse de la culture. Notre époque, infantile ? Où ils vont chercher ça ? Jamais l'humanité n'était aussi abominablement adulte. Et le progrès évident de la tolérance ne fait qu'élargir la porte de l'étable commune. La barbarie moderne, si elle existe, n’est perceptible que dans la mécanique qui gouverne sans partage, pour la première fois de l’Histoire, tous les cerveaux, qu’ils soient infantiles, académiques ou rebelles.IV.4.352 |
|
flaubert g.    |
   Les sociétés avancées exhalent comme une odeur de foule, des miasmes écœurants.IV.4.150 |
|
De puissants déodorants furent inventés depuis, ni les narines ni les yeux ni même la raison ne s'aperçoivent plus de l'infamie saine et triomphante. L'odeur de foule est dans tous les pores. Cela n'étouffe plus personne.IV.4.353 |
|
flaubert g.    |
 Jamais la haine de toute grandeur n'a été si manifeste.IV.4.151 |
|
Quelle chance aviez-vous d'avoir en face de tels monstres loufoques ! Notre époque est tout sourire face à toute grandeur, sourire condescendant devant un raté de plus.IV.4.354 |
|
fontenelle b.  |
Le mystère est l'apanage de la barbarie.IV.4.152 |
|
La civilisation est la capacité d'apporter des solutions. Et toutes les civilisations brillantes amorçaient leur déclin dès qu'elles se mettaient à envier le barbare. Les périodes les plus fastes du mystère glorifié coïncident avec l'intronisation du barbare.IV.4.355 |
|
| foucault m. |
 Le vrai sens historique reconnaît que nous vivons sans repères ni coordonnées originelles dans des myriades d'événements perdus.IV.4.153 |
|
Et le sens géométrique aurait dû nous inciter à nous méfier de volumes et surfaces calculés dans des coordonnées pipées.IV.4.356 |
|
| franklin b. |
I wish the Eagle had not been chosen the representative of our country, the Turkey is a much more respectable bird.
Je regrette que l'aigle ait été choisi pour symbole de notre pays. Le dindon est un oiseau beaucoup plus digne.IV.4.154 |
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Si l'on suivait ses penchants naturels, il ne resterait plus d'autres symboles que moutons, fourmis et perroquets.IV.4.357 |
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| gandhi m. |
  La machine a tué l'Homme, l'Homme s'est fait machine, il fonctionne et ne vit plus.IV.4.155 |
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Je disculpe la machine extérieure : elle fit tout pour éloigner l’homme du bœuf, du vautour et de l’âne ; ce n’est pas sa faute si l’homme laissa tourner en lui la machine intérieure, le robot, imitant le mouton. L’homme vit de plus en plus de seules solutions ; la machine commence à savoir formuler des problèmes (Einstein se planta dans sa certitude : « La machine apprendra à résoudre tous les problèmes, mais elle n’en formulera jamais un »IV.4.156 - « Die Maschine wird alle Probleme lösen können, aber sie wird niemals ein Problem stellen »).IV.4.358 |
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| gary r. |
   Toutes les métaphores de l'humanité finissent par devenir des réalités.IV.4.157 |
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Heureusement, la réalité, à son tour, est inépuisable en sources de métaphores. À condition de posséder ton propre regard, c'est à dire savoir lire et traduire son récit parfait et caché.IV.4.359 |
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| de gaulle ch. |
Rien ne se fait sans de grands hommes.IV.4.158 |
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« L'occasion fait le voleur »IV.4.159 - F.Bacon - « opportunity makes a thief », mais « elle fait aussi le grand homme »IV.4.160 - Lichtenberg ; les grands événements désignent les grands hommes. La fin de l'Histoire rendit médiocre tout événement. Les grands hommes ne se remarquent, désormais, que par leur absence dans des happenings mesquins.IV.4.360 |
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| de gaulle ch. |
La seule querelle qui compte est celle de l'homme.IV.4.161 |
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Le sujet n'a plus d'importance, dans les objets des querelles publiques. Il reproduit le même trajet, réalise le même projet que n'importe quel homo oeconomicus, ce rejet de l'homme.IV.4.361 |
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goethe j.-w.    |
On ne voit pas un fantôme à deux.IV.4.162 |
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Si. Les yeux, par contre, ont rarement la même accommodation, la même brillance ou la même larme.IV.4.362 |
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goethe j.-w.    |
   Das erste steht uns frei, beim zweiten sind wir Knechte.
N'est libre que ton premier pas, mais du second tu es l'esclave.IV.4.163 |
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Le deuxième peut être libre si tu oublies que tu as déjà fait le premier. Dans l'avance, savoir mettre les compteurs à zéro compte plus que le mouvement d'aiguille.IV.4.363 |
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goethe j.-w.    |
Wer ist ein unbrauchbarer Mann ? Der nicht befehlen und nicht gehorchen kann.
Quel est l'homme inutile ? Celui qui ne sait ni commander ni obéir.IV.4.164 |
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Et qui n'est pas son propre complice quand il cherche à se commander ou à s'obéir.IV.4.364 |
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goethe j.-w.    |
Die hohe reich dotierte Geistlichkeit fürchtet nichts mehr als die Aufklärung der unteren Massen.
La haute, la richement dotée spiritualité ne redoute rien davantage que la lumière descendant sur les masses.IV.4.165 |
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Ce fut une fausse angoisse. La lumière descendit ; ni l'église ni le stade ni l'étable ne s'en plaignirent. On ne doit redouter que la propagation de nos belles ombres dans ce milieu phototrope.IV.4.365 |
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gracián b.   |
  Sentir con los menos y hablar con los mas.
Réfléchir avec les rares, s'adresser aux nombreux.IV.4.166 |
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En plus, les rares ne savent pas se parler et les nombreux se dégradent par la réflexion.IV.4.366 |
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gracián b.   |
A los 20 años un hombre es un pavo real ; a los 30, un león ; a los 40, un camello ; a los 50, una serpiente ; a los 60, un perro ; a los 70, un mono, y a los 80, nada.
Voici la vie d'homme : à 20 ans - le paon, à 30 - le lion, à 40 - le chameau, à 50 - le serpent, à 60 - le chien, à 70 - le singe, à 80 - rien.IV.4.167 |
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Aujourd'hui, on n'a plus ni nostalgie de l'enfance ni horreur de la vieillesse puisque à tout âge et dans toutes les têtes règne l'espèce la plus increvable - le mouton.IV.4.367 |
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grillparzer f.  |
  Wer seine Schranken kennt, der ist der Freie ; wer frei sich wähnt, ist seines Wahnes Knecht.
Est libre qui connaît ses contraintes ; qui se croit libre est esclave de sa folie.IV.4.168 |
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Choisir et imposer ses contraintes, plutôt que de les connaître. Sacrifice dynamique, plutôt que fidélité statique. « Le comble de la liberté est de se contraindre »IV.4.169 - Valéry. L'homme moderne n'est plus esclave d'une folie tyrannique, mais d'une raison démocratique. Mais la chaîne virtuelle s'avère mille fois plus lourde bien qu'indolore.IV.4.368 |
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grillparzer f.  |
 Es binden Sklavenfesseln nur die Hände, der Sinn, er macht den Freien und den Knecht.
Les fers n'entravent que les mains ; c'est la raison qui fait esclave ou maître.IV.4.170 |
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Ce privilège n'appartient qu'à l'âme, et c'est la raison qui aurait besoin de fers. Livrée à elle-même, elle fait pulluler le petit maître, à l'âme d'esclave.IV.4.369 |
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habermas j.  |
Der Kantische Weltbürger hat nicht nur Hirn, sondern auch Hufe und lange Krallen, will fortwährend jemand besteigen und verbreitet den durchdringenden Geruch eines Ziegenbocks.
L'homme du monde, d'après Kant, a bien un cerveau mais aussi des sabots et longues griffes, flaire partout la femelle et répand autour de lui des effluves étouffants d'un bouc puant.IV.4.171 |
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Le cerveau, désormais, s'occupe de déodorants, de piétinements, de morsures et de procréation. Plus d'organes vitaux indépendants. Maître du monde, le mouton calculateur se moque des bêtes et des anges.IV.4.370 |
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| hamann j.g. |
 Poesie ist die Muttersprache des menschlichen Geschlechts ; wie der Gesang, älter als die Deklamation, Gleichnisse - als Schlüsse.
La poésie est la langue maternelle de l'humanité ; de même que le chant est plus vieux que la déclamation, les métaphores – que les raisonnements.IV.4.172 |
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L'humanité sort de son enfance, sevrée de métaphores ; sa voix se confond, chaque jour davantage, avec celle du robot raisonnant.IV.4.371 |
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heidegger m.    |
Im planetarischen Imperialismus des technisch organisierten Menschen erreicht der Subjektivismus des Menschen seine höchste Spitze, von der er sich in die Ebene der organisierten Gleichförmigkeit niederlassen wird.
Dans l’impérialisme planétaire de l’homme organisé par la machine, le subjectivisme atteint sa hauteur sublime pour se laisser glisser vers la platitude de l'uniformité organisée.IV.4.173 |
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Un peu de sain collectivisme lui aurait appris qu’il n’est guère seul, en haut, sur son altier plateau, mais bien bas, au milieu d’un entier troupeau.IV.4.372 |
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heidegger m.    |
Der Mensch ist der Hüter des Seins.
L'homme est le berger de l'Être.IV.4.174 |
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Toute brebis galeuse étant écartée des pâturages, ce vagabond devenu sentinelle du néant (Pascal) ou surveillant du devenir (Marx), est condamné à n’avoir sous ses yeux et dans ses rêves que le troupeau. De gardien de son frère, d'accusé, l’homme devint citoyen de la termitière. « Pas de berger, qu’un troupeau ! »*IV.4.175 - Nietzsche - « Kein Hirt und eine Herde ! ». Pourtant, il aurait pu être vigile du mystère, être poète.IV.4.373 |
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heidegger m.    |
Der Mensch wird zum Gestell seiner technischen Schöpfungen, die eine « sekundäre Realität » schaffen.
L'homme devient une bête de labeur, abandonnée au vertige de ses fabrications.IV.4.176 |
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On a vu aussi des anges de fainéantise se livrant à une fabrication sans vertige, soporifique.IV.4.374 |
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| heine h. |
Die Kunst des schönen Gebens wird in unserer Zeit immer seltener, in demselben Maße, wie die Kunst des plumpen Nehmens täglich allgemeiner gedeiht.
L'art d'offrir élégamment devient, de nos jours, de plus en plus rare, tandis que l'art d'arracher brutalement se répand chaque jour davantage.IV.4.177 |
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L'artisanat de donner ou de prendre suit aujourd'hui les mêmes règles, celles de l'offre-demande. C'est l'art du sacrifice qui vit ses mauvais jours.IV.4.375 |
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| henry m. |
 L'événement crucial de la Modernité, le passage du règne de l'humain à celui de l'inhumain, l'action est devenue objective.IV.4.178 |
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Pourquoi, diable, en effet, on pâtit davantage, dans l'inhumain, des rêves brisés, plutôt que, dans l'humain, des os brisés ? Parce qu'un rêve inaccessible portait, jadis, plus haut qu'une action devenue aujourd'hui accessible.IV.4.376 |
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| henry m. |
La technique est devenue une transcendance absolue, sans raison et sans lumière, sans visage et sans regard, une transcendance noire.IV.4.179 |
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Elle a certainement plus de raison et plus de lumière que jamais, mais pour la pratiquer l'homme doit renoncer à son visage et à son regard. La transcendance grise est la plus perfide.IV.4.377 |
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| henry m. |
 Voici la nouvelle barbarie : l’explosion scientifique et la ruine de l’homme.IV.4.180 |
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Dès qu’on a oublié le souci du ventre, on se désintéresse du chantre. Quand le champ du possible s’élargit, le chant de l’invisible s’assourdit. Jamais le besoin de l’inutile ne fut si moribond.IV.4.378 |
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| hobbes t. |
Leisure is the mother of philosophy.
L'oisiveté est mère de la philosophie.IV.4.181 |
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Les actifs sont absorbés par l'utile, la philosophie commence par l'intérêt qu'on porte à l'inutile.IV.4.379 |
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hölderlin f.    |
Handwerker siehst du, aber keine Menschen, Priester, aber keine Menschen, Herrn und Knechte, aber keine Menschen.
Tu vois des artisans mais pas les hommes, des prêtres mais pas les hommes, des maîtres ou esclaves mais pas les hommes.IV.4.182 |
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L'humanité progressa : je vois partout des hommes in genere, je ne trouve plus l'homme in speciem.IV.4.380 |
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hölderlin f.    |
Es ist fast nicht möglich, unverhüllt die schmutzige Wirklichkeit zu sehen, ohne selbst darüber zu erkranken.
Comment regarder à nu cette réalité pourrie, sans en tomber malade ?IV.4.183 |
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D'autres eurent ce courage, la réalité devint saine et presque insipide, et c'est toi, le malade, qu'elle refuse désormais d'accueillir.IV.4.381 |
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horace    |
Vixere fortes ante Agamemnona multi ; sed omnes inlacrimabiles.
Nombreux furent les grands bien avant Agamemnon, mais aucune voix ne les a pleurés.IV.4.184 |
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Depuis Homère, pour maintenir son nom au-delà de son heure ultime, l'homme, prince ou vilain, en appelait au poète ou à la pleureuse. Fini, son besoin de mythes ou de message. Aujourd'hui, tous ses soucis sont confiés à son argentier, pour régler le rite et le legs.IV.4.382 |
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horace    |
Odi profanum vulgus et arceo.
Je hais la foule profane et l'évite.IV.4.185 |
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Haïr la foule docte, dans laquelle tu es plongé, dans ce siècle éclairé, devint autrement plus vital. La Fontaine haïssait les « pensers vulgaires » puisqu’ils furent « injustes, téméraires » ; aujourd’hui, c’est leur justice douceâtre qui est beaucoup plus nauséabonde.IV.4.383 |
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hugo v.   |
Au-dessus de l'équilibre, il y a l'harmonie ; au-dessus de la balance il y a la lyre.IV.4.186 |
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Tu restes seul avec cette recette et tu deviens poète ; tu la portes aux autres et tu deviens cynique ou démagogue.IV.4.384 |
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jaspers k.  |
Der Mensch steht heute vor der Alternative : Untergang des Menschen oder Wandlung des Menschen.
L'homme se trouve aujourd'hui devant l'alternative : perte de l'homme ou changement de l'homme.IV.4.187 |
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Vu l'immensité du troupeau robotique ambiant, le premier terme semble l'emporter ; le second fut tenté, par la foi et par le sang, et aboutit à la dégénérescence. Y aurait-il un troisième terme, un éternel retour à la bonne nature ? L’éternel retour lyrique – le monde sans être ; l’intemporel ennui logique – le monde sans devenir .IV.4.385 |
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joubert j.    |
Le luxe corrompt les mœurs ou le goût.IV.4.188 |
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L'impécuniosité dépravant et les mœurs et le goût, heureusement que le ou est exclusif.IV.4.386 |
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joubert j.    |
   Ce qui fait que nous n'avons plus de poètes, c'est que nous pouvons nous en passer.IV.4.189 |
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Les hommes quittèrent leur enfance et n'ont plus besoin que de vérité.IV.4.387 |
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jünger e.    |
   Der zeitgenössische Mensch glaubt an das, was er in den Zeitungen liest, aber nicht daran, was in den Sternen steht.
Notre contemporain croit ce qui est écrit dans le journal et non ce qui est inscrit dans les étoiles.IV.4.190 |
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Dans leurs déserts surpeuplés de dissipeurs de mirages, leurs yeux n'atteignent plus la hauteur des ermites et leurs oreilles ne sont à l'écoute que de la profondeur des termites - ex profundis clamavi… « En irriguant les déserts, épargne les mirages »**IV.4.191 - Guénine - « Орошая пустыни, сохраняйте миражи ».IV.4.388 |
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kant e.   |
 Der Deutsche besorgt die Wurzel und den Stamm, der Franzose die Blüten, die Engländer die Früchte.
L'Allemand s'occupe de racines et du tronc, le Français de fleurs, les Anglais de fruits.IV.4.192 |
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Il ne reste aux autres que de s'occuper de sève qui fait de tout cela - un arbre. Ou bien d'en chercher l'ombre.IV.4.389 |
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| karr a. |
 L'histoire n'est que l'art d'établir la préméditation des tuiles qui tombent.IV.4.193 |
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En répertoriant des bosses elle nous pousse, toutefois, à la méditation qui rend, en fin de compte, tout passé imprévisible et tout avenir sans originalité.IV.4.390 |
|
la rochefoucauld f.   |
  Peu d'hommes ont été admirés par leurs domestiques.IV.4.194 |
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Tant que le mot ne frayait pas avec les cuisines. Depuis que le mystique est au service des domestiques, la musique et la saveur de ses paroles les enchantent autant que les casseroles. « Personne n'est héros de son valet. Non point que le héros ne soit pas héros, mais que le valet est bien valet »IV.4.195 - Hegel - « niemand kann in den Augen seines Kammerdieners ein Held sein ». Madame de Lafayette fut plus réceptive à vos qualités, comme N.Barney - à celles de Valéry, Arendt – à celles de Heidegger ou de Beauvoir – à celles de Sartre.IV.4.391 |
|
| léautaud p. |
Le plus grand nombre est bête, il est vénal, il est haineux.IV.4.196 |
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Le plus grand nombre pense comme toi, mais ni la haine ni la vénalité n'y sont pour rien. Le plus grand nombre est prude, gentillet et de plus en plus avisé, mais il se réduit à la loi statistique du grand nombre.IV.4.392 |
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| lebon g. |
 Sur les ruines des idées, la puissance des foules est la seule qui se soit élevée.IV.4.197 |
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D’où l’intérêt des mots dont les ruines sont beaucoup plus infréquentables et d’où s’élève la salutaire impuissance du solitaire.IV.4.393 |
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| leconte de l'isle ch. |
 Tu te tairas, ô voix sinistre des vivants.IV.4.198 |
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Pour que ma voix puisse s'élèver des ruines, en chant porté par le silence. Quand on communique avec le monde par le regard, plus que par l'ouïe, on échappe mieux à la sinistrose et à la cachotterie. « Ce que la voix peut cacher, le regard le livre »IV.4.199 - Bernanos. Tu gardes tes réserves d'hilarité en laissant les yeux se fermer et les mains libres tomber. Pour boucher les oreilles, en revanche, il faut asservir tes mains.IV.4.394 |
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leopardi g.    |
La barbarie ne tient pas principalement dans le manque de raison, mais dans le manque de nature.IV.4.200 |
|
Mais le surcroît de raison nous renvoie à la nature. Le sage rêve d'être un bon sauvage sachant être fou (mala bestia d’Ortega y Gasset) au bon moment. « Pas de grand génie sans grain de folie »IV.4.201 - Sénèque - « Nullum magnum ingenium sine mixtura dementiae fuit ». Il y a temps d'être sobre et temps d'être sensuel – Épicure le comprit mieux que Salomon.IV.4.395 |
|
leopardi g.    |
  Risveglia i morti, poi che dormono i vivi.
Réveille les morts, puisque dorment les vivants.IV.4.202 |
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Réveille les rêves des morts, puisque les vivants, même en dormant, ne font que calculer.IV.4.396 |
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| lewis s. |
   A savourless people, listening the mechanical music, saying mechanical things and viewing themselves as the greatest race in the world.
Un peuple fade, écoutant de la musique mécanique, exprimant des choses mécaniques et se prenant pour la plus grande race du monde.IV.4.203 |
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Le culte de la mécanique s'empare de la planète ; et cette prétention, bientôt, sera justifiée et irréfragable.IV.4.397 |
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lichtenberg g.    |
  Der Mensch ist oft eben so ein unparteiischer Richter, als er Thermometer ist.
L'homme parvient à être un juge impartial en devenant une espèce de thermomètre.IV.4.204 |
|
La fièvre des passions bien maîtrisée, il se contente même d'un thermomètre binaire. Ceci est vrai également pour le baromètre de la conscience et pour la sonde du cœur. Le tableau de bord de la raison, au contraire, se complique tous les jours. Heureusement le pilote automatique veille.IV.4.398 |
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lorca f.  |
Los signos + y X de la Banca sostenían con la sagrada señal de la Cruz un combate oscuro, lleno por dentro de salitre y cirios apagados.
Les signes + et x de la Banque soutiennent avec le signe sacré de la Croix un obscur combat bourré de salpêtre et de cierges éteints.IV.4.205 |
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On sait aujourd'hui retraiter le salpêtre en encens et les cierges, bourrés d'argent, résistent aux courants d'air dévitalisés.IV.4.399 |
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| lucain |
Sidera terra ut distant, sic utile recto.
De l'utile au juste la distance est la même qu'entre la terre et l'étoile.IV.4.206 |
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L'étoile disparut des outils de mesure des hommes ; seule la perspective du lucre donne aujourd'hui la mesure de l'utile devenu le seul juste.IV.4.400 |
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lucien  |
Ils ne voient pas la rose, mais ils scrutent ses épines.IV.4.207 |
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Ils auront la rose sans larmes comme la pastèque sans pépins. La rose avec comment se sépare d'avec « la rose sans pourquoi » (Angélus).IV.4.401 |
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maistre j.   |
La barbarie est une ruine, non un rudiment.IV.4.208 |
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Ce ne sont ni oubli ni folie destructrice, manquant d'urbanité, qui animent nos barbares, mais l'incapacité de vivre en toute Cité monumentale comme dans une ruine ou une tombe. Chantiers et décombres successifs dévitalisent, désacralisent et souillent le temps pur des ruines.IV.4.402 |
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malraux a.  |
La culture apparaît comme la connaissance de ce qui a fait de l'homme autre chose qu'un accident de l'univers.IV.4.209 |
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La culture est la vénération de l'homme hors tout hasard, l'art de vivre. La civilisation - l'art de cohabiter avec le hasard, le métier de vivre.IV.4.403 |
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| marcuse h. |
Progress reduces the gap between imagination and Reason.
Le progrès a réduit la distance entre l'imagination et la raison.IV.4.210 |
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