st augustin     |
Misericordia, hac una causa amantur dolores.
La compassion, c’est la seule cause qui fait aimer les douleurs.II.1.56 |
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Si elle est pierre de touche des asiles, elle est aussi pierre angulaire des tours d’ivoire et pierre d’achoppement des ruines.II.1.179 |
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| baïf j.-a. |
Bonheur gît en médiocrité, ne veut ni maître ni valet.II.1.57 |
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Vous voyez pourquoi le poète, libre et solitaire, est toujours malheureux : « Il n'est pas permis au poète d'être médiocre »II.1.58 - Horace - « Mediocribus esse poetis non concessere ». L'épée ou les chaînes, c'est une culture du fer dont s'accommode mal la aurea mediocritas. « Ce qui abat irrémédiablement l'âme, c'est la médiocrité de la douleur et de la joie »II.1.59 - R.Rolland.II.1.180 |
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| barbey d'aurevilly j. |
Le mépris cicatrise tout ce qui saigne.II.1.60 |
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Les saignées coulant vers l'intérieur se soignent mieux par l'humilité. Les écorchures des épidermes ne tracassent que ceux qui se frottent au troupeau.II.1.181 |
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barney n.  |
   Time engraves our faces with all the tears we have not shed.
Le temps marque sur notre visage toutes les larmes que nous n'avons pas versées.II.1.61 |
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Le solide ravage ce que le liquide faillit arroser. Les plumes et les cœurs devraient ne s'exercer que dans un vide aéré et sacré. Mais heureusement il existe le miracle des yeux fermés, dont le regard a la faculté d'effacer les marques infamantes.II.1.182 |
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| beethoven l. |
Durch Leiden Freude.
Par la douleur vers la joie.II.1.62 |
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On apprend aujourd'hui toutes les langues étrangères, y compris celle de la musique, - sans douleur. L'effort humilie l'essor. Et l’on ne retire de cette sueur aseptisée que … de la connaissance (comme le voient le Prométhée d’Eschyle, le Faust de Goethe et le Manfred de Byron).II.1.183 |
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| beethoven l. |
 Die Kreuze im Leben des Menschen sind wie die Kreuze in der Musik : sie erhöhen.
La croix, dans la vie comme dans la musique, signifie la hauteur.II.1.63 |
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Avec un passage obligé par un tombeau défectueux, les ruines, le sommeil des gardiens titulaires ou patibulaires et la complicité des anges ou des bêtes. Ta hauteur rejoint la haute intelligence que Dostoïevsky attachait à la douleur, là où Nietzsche lisait une profonde noblesse ou Maître Eckhart - une étendue de la perfection : « L'animal le plus rapide qui vous porte à la perfection, c'est la souffrance »II.1.64 - « Das schnellste Tier, das euch zur Vollkommenheit trägt, ist Leiden ».II.1.184 |
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berdiaev n.   |
Христианство есть религия распятой Правды.
Le christianisme est la religion d'une Vérité crucifiée.II.1.65 |
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Crucifier la vérité, c'est d'en appeler une kyrielle d'autres, au-delà de la Croix, tout en vénérant les plaies de la Première.II.1.185 |
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bible   |
Dieu se rit des épreuves de l’innocent.II.1.66 |
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Les rires du Père sarcastique, les larmes du Fils hystérique te dévient de la pureté ironique ; seul l’Esprit promet encore quelques nimbes à ta lèpre de Job.II.1.186 |
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boèce  |
In omni adversitate fortunæ, infelicissimum genus est infortunii fuisse felicem.
Dans tout malheur, avoir été heureux est le pire des malheurs.II.1.67 |
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« Il n'est pas de douleur plus grande que de se souvenir des jours de bonheur dans la misère »II.1.68 - Dante - « Nessun maggior dolore che ricordarsi dei tempi felici nella miseria ». Inversement, « Le souvenir des douleurs passées a du charme quand on est à l'abri »II.1.69 - Cicéron - « Habet praeteriti doloris secura recordatio delectationem ».II.1.187 |
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byron g.    |
Joy's recollection is no longer joy,
While sorrow's memory is a sorrow still.
Le souvenir du bonheur n'est plus du bonheur ;
Le souvenir de la douleur est de la douleur encore.II.1.70 |
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Comme quoi l'inventé risque moins que le réel d'être éventé. Les mémoires s'amplifient, l'oubli se rehausse.II.1.188 |
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byron g.    |
Sorrow is Knowledge… The tree of Knowledge is not that of Life.
Le savoir est dans la douleur, mais son arbre n'est pas celui de la vie.II.1.71 |
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Eschyle ne le voyait pas autrement : « Par la souffrance – la connaissance, telle est la loi souveraine »II.1.72, même si Prométhée aurait inversé l’effet et la cause. Dans l’insipide jungle moderne, l’Ecclésiaste bureautisé déracina toute libido sciendi. On a beau placer son Golgotha au milieu du jardin d'Éden, - la croix et la pomme - c'est la rencontre des crânes et le divorce des désirs. Dans l'arbre du rêve, le savoir est ce qui en soude les branches ; la douleur - ce qui amène la sève et colorie les fleurs. Tout ce qui n'est pas tenté par la hauteur d'arbre est teinté de platitude.II.1.189 |
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byron g.    |
Happiness was born a twin.
La joie est née jumelle.II.1.73 |
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La souffrance, elle, ignore la gémellité. Le reflet d'une joie est une clef ou un attouchement ; le reflet d'une souffrance est une farce ou un puzzle.II.1.190 |
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camus a.  |
   Tout ce que gagne l'homme à connaître ce qu'il vaut, c'est de perdre jusqu'au respect de sa souffrance.II.1.74 |
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Connaître ce qu’on doit, veut ou peut, c’est calmer la souffrance, mais réveiller l’ennui. Autant rêver de sa valeur…II.1.191 |
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cervantès m.    |
 A todos los desdichados sobra, a los cuales suele ser consuelo la imposibilidad de tenerle.
Aux malheureux sert de consolation l'impossibilité de pouvoir être consolés.II.1.75 |
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L'espoir berce le naïf, le désespoir tient en éveil le sage. Et la pire détresse serait l’absence de détresses (Hölderlin). « La vérité du bonheur naît sur le fond de l’échec »***II.1.76 - Jaspers - « Die Wahrheit des Glücks entsteht auf dem Grunde des Scheiterns ». Le désespoir du naïf, c'est le bonheur qui s'en aille ; l'espoir du sage, c'est l'art de supporter le malheur. « Malheureux est celui qui ne sache pas supporter son malheur »II.1.77 - Bias.II.1.192 |
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cicéron    |
Patria est ubicumque est bene.
Où l'on est bien, là est la patrie.II.1.78 |
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Et c'est quand on y sera mal qu'on comprendra qu'on s'était trompé (avec Aristophane ou tel Milton : « our country is where ever we are well off »II.1.79 ou, mieux, Fénelon : « La patrie d'un cochon se trouve partout où il y a du gland »II.1.80). La patrie est le pays qui veut partager ta souffrance, autant dire que le solitaire est toujours un exilé. Ou Robinson ou un bon dramaturge : « Ubi pater sum, ibi patria »II.1.81 - Nietzsche. Ou un bon interprète : « La patrie n’est pas là où tu habites, mais là où tu es compris »II.1.82 - Morgenstern - « Nicht da ist man daheim wo man seinen Wohnsitz hat, sondern wo man verstanden wird ». Ou un bon spectateur : « où je comprends et suis compris »II.1.83 - Jaspers - « wo ich verstehe und verstanden werde ». Ou un bon sculpteur : « Où je me crée, là est ma patrie »**II.1.84 - Valéry.II.1.193 |
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cioran é.     |
Être vrai, c'est blesser et se blesser.II.1.85 |
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La vérité est incolore, et ses blessures indolores. C'est dans le beau qu'on exerce ses meilleures lames et c'est par le bien (le beau en actionII.1.86 - Rousseau) que se calment les pires des plaies. Mais ces trois courants coulent d'une même source, la passion, qui est elle-même brisure et blessure. C'est le faux - charité, style, enthousiasme - qui « colore et fait vivre le vrai »II.1.87 (Valéry)II.1.194 |
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cioran é.     |
C'est à l'attention de survivants, et non d'agonisants, que s'adressent mes appréhensions.II.1.88 |
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Mais que les bien-portants ne se précipitent pas vers le sage qui, perfidement, omet de rappeler que les seuls survivants sont justement des agonisants.II.1.195 |
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cioran é.     |
On vit dans le faux aussi longtemps qu'on n'a pas souffert. Mais quand on commence à souffrir, on n'entre dans le vrai que pour regretter le faux.II.1.89 |
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La douleur réelle n'est qu'ennui et médiocrité. Ce n'est que dans la douleur inventée qu'on trouve encore quelques ressources de gémissements non médiocres.II.1.196 |
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cocteau j.   |
 Qu'il est laid le bonheur qu'on veut. Qu'il est beau le malheur qu'on a.II.1.90 |
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Celui qui peut la beauté du désastre doit fuir la grisaille de la réussite ! Tu vaux ce que vaut l'amplitude entre la profondeur sondée de ton malheur et la hauteur de ton bonheur insondable.II.1.197 |
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confucius   |
Il est plus difficile de se défendre de l'amertume dans la pauvreté que de l'orgueil dans l'opulence.II.1.91 |
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Parce qu'on trace des récits plus entraînants et lisibles en trempant sa verve dans la bile que dans la graisse.II.1.198 |
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| custine a. |
Les Russes ont l'habitude et non l'expérience du malheur.II.1.92 |
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Ils sont aussi très performants en bonheur sans y être compétents.II.1.199 |
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debray r.    |
  Souffrances sans sillages, signatures à l'encre blanche, rages sans griffes.II.1.93 |
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C'est la désolation du mufle et le rêve d'une belle âme. « Une belle âme est une conscience malheureuse »**II.1.94 - Hegel - « Eine schöne Seele ist ein unglückliches Bewußtsein ».II.1.200 |
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démocrite   |
Belle attitude que penser droit dans le malheur !II.1.95 |
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Ce qui s'appelle belle fidélité. Penser oblique dans le bonheur peut, étrangement, être un beau sacrifice !II.1.201 |
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démocrite   |
Les espoirs des sots sont dénués de raison.II.1.96 |
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Un désespoir, coulé en airain raisonneur, est pire ! Toutefois, aujourd'hui, le sot, obnubilé par le calcul raisonnable, enterre le désespoir et ne fait pas naître l'espoir.II.1.202 |
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démocrite   |
 La contrainte fait augmenter la jouissance.II.1.97 |
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Comme le meilleur maître d’amour est celui qui en est esclave. La forme de la jouissance est déterminée par ses contraintes ; quand la forme est belle, on finit par même en oublier le fond.II.1.203 |
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dostoïevsky f.    |
   Человек не есть разумное существо, стремящееся к счастью ; он есть существо иррациональное, имеющее потребность в страдании ; страдание есть единственная причина возникновения сознания.
L'homme n'est pas un être rationnel aspirant au bonheur. Il est irrationnel dans son besoin de souffrance qui est la seule raison d'apparition de la conscience.II.1.98 |
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Tandis que l'extinction de la conscience est souvent précédée par une rationnelle et indolore béatitude.II.1.204 |
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| du bellay j. |
  Qui chante son mal l'enchante.II.1.99 |
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Qui le narre en déchante. La virgule oubliée y porte la poésie : les Portugais auraient prosifié : « Qui chante, son mal enchante ; qui pleure, son mal augmente »II.1.100.II.1.205 |
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eckhart me    |
   Es gibt nichts Galligeres als leiden und nichts Honigsameres als gelitten haben.
Rien n'est plus fiel que souffrir ; rien n'est plus miel qu'avoir souffert.II.1.101 |
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Maudire l'essaim et ruiner les ruches - deux saisons du butineur de fleurs.II.1.206 |
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eckhart me    |
 Freude bringt Leid und Leid bringt Freude.
La joie apporte la souffrance et la souffrance apporte la joie.II.1.102 |
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Un aveugle éclairant un fou ; un fou assagissant un aveugle.II.1.207 |
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| eliot t.s. |
L'homme qui agit ne souffre pas, pas plus que n'agit celui qui pâtit.II.1.103 |
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Sans souffrance point de conscience. Sans guérison point d'action. L'action devrait être une drogue, pas une anesthésie.II.1.208 |
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| éluard p. |
Notre bonheur est toujours en vol. Il n'a pas de nid, seulement des ailes.II.1.104 |
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Entre-temps, dans des nids bien calés, s'éclosent des reptiles du malheur.II.1.209 |
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épicure   |
Vaine est la parole d'un philosophe qui ne guérit aucune souffrance de l'homme.II.1.105 |
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Le philosophe d'aujourd'hui ne s'occupe que des hommes en pleine santé, avec revenus stables, sans déconvenues d'âme durables. Aux derniers souffrants d'âme il ne reste que le mot : « Les mots sont guérisseurs des âmes malades »II.1.106 - Eschyle.II.1.210 |
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épicure   |
À cause de la mort, les hommes habitent une cité sans murailles.II.1.107 |
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À cause de la vie, l'homme cherche, hors les murs, une ruine habitable pour y bercer ses chutes. Sa résidence secondaire, avec le temps, gagne en familiarité : « La mort t'accompagne au milieu de la vie »II.1.108 - proverbe latin - « Media vita in morte sumus ».II.1.211 |
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| eschyle |
La Justice accorde de comprendre à ceux qui ont souffert.II.1.109 |
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L'Intérieur, en revanche, leur refuse le permis d'exercer leur métier de sape et les Affaires Étrangères - le visa de sorties virulentes. Zeus, qui chargea-t-il de la Justice ? – le dieu du lucre, Hermès…II.1.212 |
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| étiemble |
A-t-il vécu, celui qui meurt indemne ?II.1.110 |
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Toutefois, c'est dans l'âme, non sur les mains, qu'on lira tes stigmates.II.1.213 |
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flaubert g.    |
Le cœur est comme la voix, quand il a crié, il s'enroue.II.1.111 |
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Quand il ne crie pas, il se clarifie, se décante et devient sans expression ni goût.II.1.214 |
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flaubert g.    |
Souffrir et penser seraient-ils la même chose ?II.1.112 |
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Pour Pouchkine ils s'excluent. Rester dans l'un devient si vite insupportable qu'on est propulsé dans l'autre sans s'apercevoir du changement. Leur point commun, c'est la propension à tout envahir et c'est justement la résistance de notre volonté qui en trace les frontières.II.1.215 |
|
flaubert g.    |
 On ne meurt pas de malheur, on en vit, ça engraisse.II.1.113 |
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Engraisse les vocabulaires. Voyez, par contre, le bonheur végéter dans l'aridité des lexiques.II.1.216 |
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france a.   |
La souffrance ! Quelle divine méconnue ! Nous lui devons tout ce qu'il y a de bon en nous.II.1.114 |
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L'homme est libre dès qu'il se débarrasse de la souffrance et ne se sent plus redevable devant le Créditeur céleste. Et cela engendre la bonne conscience, bien connue de tous les salauds terrestres.II.1.217 |
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| freud s. |
Nur das Wissen heilt, nur die Wahrheit befreit.
Seule la connaissance guérit, seule la vérité libère.II.1.115 |
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La connaissance guérit d'un malaise vital, de la honte. La vérité libère d'un joug désiré, de l'amour.II.1.218 |
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goethe j.-w.    |
 Unser ganzes Kunststück besteht darin, daß wir unsere Existenz aufgeben, um zu existieren.
Notre coup de maître consiste à renoncer à notre existence propre pour exister.II.1.116 |
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Comme en renonçant au sens des mots la poésie élève le mot jusqu'au sens.II.1.219 |
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goethe j.-w.    |
 Armut selbst macht stolz, die unverdiente.
Même la misère rend fier quand elle n'est pas méritée.II.1.117 |
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Dès qu'on pèse les mérites on est dans l'aigre ressentiment ou dans l'insipide bonne conscience. La fierté est toujours dans l'acquiescement, que le sel ou la bile s'y mêlent. « L’acquiescement transforme malheur en bonheur »II.1.118 - H.Hesse - « Unglück wird zu Glück, indem man es bejaht ».II.1.220 |
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| gounod ch. |
 Ce qui vieillit en nous, c'est le logement. Le locataire ne vieillit pas.II.1.119 |
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L'âge, c'est la place qu'on accorde aux fenêtres, au toit, aux murs. Les yeux du jeune scrutent le toit percé ; le vieux, confiné dans les murs, s'accroche à la porte.II.1.221 |
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| greene g. |
  La souffrance est pire dans le noir : on ne peut poser les yeux sur rien.II.1.120 |
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Vivre rien que de ton regard, sans recours aux objets toujours gris ou fortuits sur lesquels il se poserait, - tu rates ainsi ta chance de rêver des belles couleurs. « Dans le noir toutes les couleurs s’accordent »II.1.121 - F.Bacon - « All the colors will agree in the dark ».II.1.222 |
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| grégoire de nazianze |
Insolite est la géométrie quand on est dans l'affliction.II.1.122 |
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Toute affliction, aujourd'hui, prit une vilaine tournure géométrique ; la mesure et l'algorithme guérirent les humains de la démesure et des rythmes de leur enfance qui ne leur saute plus à la gorge.II.1.223 |
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| heine h. |
  Wir begreifen die Ruinen nicht eher, als bis wir selbst Ruinen sind.
Nous ne comprenons guère les ruines que le jour où nous-mêmes le sommes devenus.II.1.123 |
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Soit on les plante et les chante, soit on les conte et les raconte. On les confond soit avec une tour d'ivoire, soit avec une déchetterie.II.1.224 |
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hesse h.    |
 Le cœur et l'âme de la vie, c'est la souffrance.II.1.124 |
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Ce que disent les repus confondant l'âme d'avec le ventre. Tout fond de la vie, pour un artiste, est le bonheur, et c'est seulement sur l'épiderme - sur les mots opaques - qu'il dépose sa charge de souffrance qui est l'impossibilité d'être translucide et la certitude qu’on prend sa vivisection esthétique pour une dissection mystique.II.1.225 |
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hölderlin f.    |
 Wer auf sein Elend tritt, steht höher.
Celui qui surmonte sa douleur monte plus haut.II.1.125 |
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Quand on la vit dans un élément liquide, on s'en laisse submerger ou emporter. Avec du solide, on se bronze ou se brise. Le feu nous consume. Enfin, avec de l'aérien, on a une promesse de hauteur qu'on atteint par son regard ailé. Toutefois, toute épaule de géant est bonne pour notre vue hautaine.II.1.226 |
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hölderlin f.    |
   Alle Trauer ist nur der Weg zu wahrer heiliger Freude.
Toute tristesse n'est que le chemin vers la vraie joie sacrée.II.1.126 |
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La tristesse est bon firmament mais mauvais chemin ; elle se suspend au-dessus de l'inaccessible, qu'elle aide à garder sacré. Cyclothymie de hauteur.II.1.227 |
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horace    |
  Le malheur a le mérite de réveiller nos talents qui, en circonstances heureuses, seraient restés endormis.II.1.127 |
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Ce sont, en général, de bien petits malheurs et de bien petits sommeils. Le vrai talent naît du rêve d'un bonheur en quête d'interprète.II.1.228 |
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jankelevitch v.   |
   Désespérer, c'est ne savoir que devenir ni où aller ; s'ennuyer, c'est pouvoir aller n'importe où et devenir n'importe quoi.II.1.128 |
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L'ennui désespérant serait savoir devenir n'importe quoi. Et le désespoir ennuyeux - devoir n'aller nulle part.II.1.229 |
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joubert j.    |
  L'esprit conçoit avec douleur et enfante avec délices.II.1.129 |
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Comme dans la vie, la conception est tâtonnante et toute dans le tâtonnement des profondeurs. Mais le nombre d'angles d'attaque est plus déroutant, et les aspérités et culs-de-sac abondent davantage.II.1.230 |
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joubert j.    |
  J'ai donné mes fleurs et mon fruit ; je ne suis plus qu'un tronc retentissant.II.1.130 |
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Les meilleures saisons d'un vrai arbre s'écrivent non seulement en couleurs mais aussi en musique, en ampleur ou en recueillement, en actualité ou en mémoire.II.1.231 |
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kierkegaard s.   |
  En esthétique, le désespoir est un désespoir de la faiblesse, du refus d'être soi-même ; en éthique, le désespoir est celui de l'affirmation de soi-même, du désir désespéré d'être soi-même.II.1.131 |
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Et en mystique, le désespoir est celui du constat que tout notre soi-même est désespérément autrui, les autres, donc l'enfer. Est mystique celui qui sait se dégager de la sociabilité du langage.II.1.232 |
|
kierkegaard s.   |
 Ma peine est mon château seigneurial.II.1.132 |
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Et des joies fantomatiques le hantent en fêtes anacréontiques, bachiques ou orgiaques. On s'y attend plutôt aux ruines qu'aux assauts. Au chant haut perché plutôt qu'au camp retranché.II.1.233 |
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| koestler a. |
La Nature veille à ce que les arbres ne croissent pas au-delà d'une certaine hauteur, pas même les arbres de douleur.II.1.133 |
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C'est l'arbre qui fait mieux comprendre la verticalité que la montagne ou le ciel : avec la douleur aux racines et le bonheur aux fleurs on a les yeux orientés vers la hauteur.II.1.234 |
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| lamennais f. |
 Il y a des travaux stériles et des travaux féconds, des souffrances infâmes et des souffrances glorieuses.II.1.134 |
|
Une souffrance glorieuse vient souvent d'un travail fécond. Pour l'homme de l'utile, un travail est stérile s'il ne laisse pas de traces. Pour l'homme du futile - s'il mutile des horizons.II.1.235 |
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| lawrence d.-h. |
We've got to live, no matter how many skies have fallen.
Il faut se remettre à vivre que le ciel même s'écroulât de nouveau.II.1.135 |
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Quand ta demeure est en ruines, le ciel a le temps de t'avertir de ses nouvelles déchéances et de t'épargner un déménagement.II.1.236 |
|
leibniz w.   |
Il faut réveiller en nous tous les enfants endormis.II.1.136 |
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« L'enfant est père de l'Homme »II.1.137 - Wordsworth - « The Child is father of the Man ». Ce n'est pas un problème de l'heure tardive de notre maturité mais bien des injections soporifiques et anesthésiques que nous administre une vie aseptique, ennemie des aurores lancinantes.II.1.237 |
|
leopardi g.    |
L'homme serait tout-puissant si son désespoir était un état qui pût durer.II.1.138 |
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Heureusement, Dieu nous a munis d'ironie pour que nous mettions le meilleur de nous-même - dans la faiblesse ! « Dieu nous envoie le désespoir pour réveiller en nous une autre vie »II.1.139 - H.Hesse - « Die Verzweiflung schickt uns Gott um neues Leben in uns zu erwecken ».II.1.238 |
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luther m.   |
Wir kommen nie aus den Traurigkeiten heraus, wenn wir uns ständig den Puls fühlen.
On ne se débarrassera jamais de ses chagrins si l'on tâte en permanence son pouls.II.1.140 |
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Depuis qu'on ne tâte que sa cervelle, on ignore la fièvre mais toute joie n'est plus que cérébrale.II.1.239 |
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| malherbe f. |
Les plus belles choses ont le pire destin.II.1.141 |
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Les autres n'ont pas de destin du tout, elles n'ont que les statistiques. Fleurir l'espace d'un matin ou gérer un cycle de vie.II.1.240 |
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| maugham s. |
Suffering makes men petty and vindicative.
La souffrance rend les hommes mesquins et vindicatifs.II.1.142 |
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Oui, comme toute lutte, la douleur affleure le quotidien et nous plonge dans la platitude. Ne compte accéder, par la souffrance, ni à la hauteur ni à la profondeur : « La douleur ne rend pas meilleur, mais plus profond »II.1.143 - Nietzsche - « Ich zweifle, ob ein solcher Schmerz verbessert, aber ich weiß, daß er uns vertieft ».II.1.241 |
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montaigne m.     |
L'homme possède ses biens par fantaisie, les maux - en essence.II.1.144 |
|
Parce que le bonheur est à court de clefs et le malheur est expert en serrures.II.1.242 |
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musset a.  |
Fille de la douleur, Harmonie.II.1.145 |
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L'harmonie est la tension, dans le désir, entre sa voix et son regard. Quand tu as ta propre voix, cette harmonie ne peut être que douloureuse : ta voix résonne vers l'intérieur tandis que le regard est ce qui t'est le plus éloigné, d'où la déchirure.II.1.243 |
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nabokov v.   |
Как ни хочется спрятаться в свою башенку из слоновой кости, есть вещи, которые язвят слишком глубоко.
On a beau vouloir se réfugier dans sa petite tour d’ivoire, il y a des choses qui blessent trop profondément.II.1.146 |
|
Ce sont ces blessures intérieures qui font comprendre que ce qui, aux yeux fermés, se dessine comme une tour d’ivoire, se révèle, aux yeux ouverts, en tant qu’un style, encore plus noble, - celui des ruines. Sans douleur, l’Espagne n’est qu’un sirupeux Pays du Tendre.II.1.244 |
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nietzsche f.     |
Scham gebeut sich der Edle vor allem Leidenden.
L’homme noble s’impose la honte devant tout ce qui souffre.II.1.147 |
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C’est devant la souffrance que s’impose l’aporie d’identité de la honte et de la pitié.II.1.245 |
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nietzsche f.     |
  Das Leiden ist kein Argument gegen das Leben.
La douleur ne peut pas servir d'argument contre la vie.II.1.148 |
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La vie s'évalue surtout d'après le type des opérateurs passionnels composés plutôt que des opérandes événementiels imposés. Et le sens est donné à la valeur de vérité par un acquiescement religieux.II.1.246 |
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nietzsche f.     |
   Die Zucht des grossen Leidens hat alle Erhöhungen des Menschen geschaffen.
Toute hauteur de l'homme est gagnée par la culture de la grande souffrance.II.1.149 |
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Mais ce n'est pas la volonté de puissance, stoïque ou héroïque, qui rend possible cette culture, mais la résignation de ne pas prêter trop attention à la souffrance mesquine, facilitant la profondeur et la platitude.II.1.247 |
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| okoudjava b. |
Весь мир устроен из ограничений, Чтобы от счастья не сойти с ума.
Nous déchiffrons l'univers en contraintes,
Pour, de bonheur, ne pas perdre la tête.II.1.150 |
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Les messages en clair, qu'on croit envoyés par bon Dieu, parlent d'une folie heureuse. Mais en temps de doute, le chiffre des contraintes est appliqué aux textes du malheur. L'inévidence des contraintes nous pousse à créer, l'évidence du bonheur ne permet que de procréer.II.1.248 |
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ortega y gasset j.     |
 La vida es in sí misma y siempre un naufragio.
La vie, en elle-même, est un perpétuel naufrage.II.1.151 |
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Ce qui justifie toute prise de plume, la bouteille, la cire et surtout la bonne tempête étant à portée du naufragé.II.1.249 |
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ovide   |
La tendresse est une partie de ton cœur offerte à la douleur.II.1.152 |
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Pourquoi la tendresse fait penser aux flammes des offrandes ? Parce qu'elle naît du feu de défaite dont te marque l'autre partie de ton cœur, offerte à la honte.II.1.250 |
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pasternak b.    |
А в наши дни и воздух пахнет смертью : Открыть окно, что жилы отворить.
L'air, aujourd'hui, est imprégné de mort :
ouvrir la fenêtre est comme s'ouvrir les veines.II.1.153 |
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Ouvrons plutôt les toits (quand nous en avons un !). Le ciel est empoisonné aussi, mais les réincarnations et résurrections, de ce côté-ci, sont plus fréquentes.II.1.251 |
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pavese c.   |
Si cessa di essere giovani quando dire un dolore lascia il tempo che trova.
On cesse d'être jeune quand on comprend qu'il ne sert à rien de dire une douleur.II.1.154 |
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Donnez-moi, Seigneur, la jeunesse pour continuer à cultiver l'inutile !II.1.252 |
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pavese c.   |
La vita è dolore e l'amore goduto è un anestetico.
La vie est douleur, et l’amour partagé - un anesthésique.II.1.155 |
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Mais au réveil, c'est bien le langoureux qui aura disséqué l'amoureux, revenant des rêves ?II.1.253 |
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pavese c.   |
   Quand on souffre, on croit que, par-delà ce cercle, le bonheur existe ; quand on ne souffre pas, on sait que le bonheur n’existe pas.II.1.156 |
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La souffrance serait-elle cette docte ignorance qui étoile notre ciel ?II.1.254 |
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paz o.   |
  Cada herida es una fuente.
Chaque blessure est source.II.1.157 |
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C'est près de ces fontaines qu'on entretient les meilleures soifs.II.1.255 |
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pessõa f.    |
   Ceux qui souffrent véritablement ne se rassemblent pas en troupeau.II.1.158 |
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Même s'ils le désiraient, à leur hauteur on ne trouverait pas assez d'herbe. La souffrance est un désert sourd où les prophètes muets crèvent. C'est dans l'écriture qu'on trouve une oasis, avec une source près de laquelle mourir de soif est le moins dégradant. « Un écrivain est un homme qui ne se résigne pas à la solitude. Chacun de nous est un désert »II.1.159 - Mauriac.II.1.256 |
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pessõa f.    |
Tous les sentiers du rêve me ramènent aux clairières de l'angoisse.II.1.160 |
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Tu te remets en droit chemin, et tu te retrouves dans un paysage sans couleurs où ne pousse que l'indigeste ataraxie.II.1.257 |
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pétrarque  |
   Né so se guerra o pace a Dio mi cheggio, ché 'l danno è grave, et la vergogna è ria.
Je ne sais si c'est la guerre ou la paix que je demande à Dieu, et la honte en est tout aussi grande.II.1.161 |
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La guerre contre autrui et la paix avec soi-même - source de la plus grande des hontes. Bellum omnium contra omnes, ce fut le cas jadis ; désormais, c'est pax omnium cum omnis. Le sage vise la paix avec autrui et la guerre avec soi-même. « Des conflits avec autrui, nous retenons la rhétorique ; des conflits avec nous-mêmes – la poésie »II.1.162 - Yeats - « Of our conflicts with others we make rhetoric ; of our conflicts with ourselves we make poetry ».II.1.258 |
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pétrarque  |
Un bel morir, tutta la vita honora.
Un beau mourir toute la vie honore.II.1.163 |
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« Un beau mourir rend l'homme triomphant domtant la mort »II.1.164 - Ronsard. « En ma fin est mon commencement »II.1.165 - Marie Stuart. Il n’existe pas de belles morts illuminant une vie obscure ; aucun haut fait ne relèvera tes ruines ; toute hauteur et toute beauté ne sont que hic et nunc.II.1.259 |
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| philon d'alexandrie |
Le philosophe est un thérapeute, guérisseur des âmes en proie aux maladies presque incurables : plaisirs et appétences, angoisses et afflictions, désirs et folies.II.1.166 |
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Il leur apprend à chanter l'incurable (la santé du malheur – R.Char) au lieu de réciter l'inénarrable (« se remarquer à la quantité de pages insignifiantes qu'on n'écrit pas »II.1.167 - R.Char).II.1.260 |
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platon   |
Vous ne sauriez être assez petit pour vous cacher sous la terre, ni assez grand pour vous élancer dans le ciel, mais vous subirez la peine qui vous est due.II.1.168 |
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Sur terre, nos mains et nos pieds se prosternent devant un ciel compréhensif et muet ; c'est à nos soupirs, enterrés ou envolés aux nues, que désormais le Dieu vengeur en veut.II.1.261 |
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plutarque   |
Les impies n'ont besoin d'aucun Dieu pour les tourmenter.II.1.169 |
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Que l'impie vive pour souffrir ou que l'homme pieux souffre pour vivre, la somme me paraît être la même. Dans le monde de demain il n'y aura ni vie imprévisible ni coupures de souffrance mais branchements et extinctions programmés.II.1.262 |
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pouchkine a.    |
Я жить хочу, чтоб мыслить и страдать.
J'aspire à la vie pour penser ou souffrir.II.1.170 |
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Le ou ici est exclusif, c'est cela qui est intéressant. Souffrir, c'est découvrir en soi des raisons plus fortes que la pensée. La réciproque serait aussi juste : « Plus ta pensée sera profonde, plus haute sera ta souffrance »**II.1.171 - Confucius. Le moi souffre, le nous, le troupeau en moi, pense.II.1.263 |
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renard j.   |
   Il faut gémir, mais en cadence.II.1.172 |
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Laisse au récit du bonheur la spontanéité de la cacophonie.II.1.264 |
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| reverdy p. |
Cette larme qui roule et se dessèche dans la joie.II.1.173 |
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Tu te fies à un courant d'encre, et il te mène vers un marais de tristesse. Laissons l'élément liquide dans son état le moins naturel, l'état inventé, l'immobilité. C'est sa meilleure chance de continuer à nous évoquer la forme de son récipient idéal, ton âme.II.1.265 |
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ricoeur p.  |
La sagesse est de refuser de porter toute la douleur du monde.II.1.174 |
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Cette sagesse prit les proportions d'une épidémie ou d'une mutation. L'extinction de toutes les espèces de pitié y trouve son origine.II.1.266 |
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ronsard p.  |
Le temps s'en va, le temps s'en va, ma Dame.
Las ! le temps non, mais nous, nous en allons.II.1.175 |
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À courir d'après le vieux bonheur on se sépare de sa prime jeunesse. L'immobilité est la seule ruse qui entretienne l'illusion de facilité du passage de l'amer au doux et vice versa.II.1.267 |
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rozanov v.  |
 Боль жизни сильнее интереса к жизни, и поэтому религия всегда будет одолевать философию.
La douleur de la vie sera toujours plus forte que l'intérêt pour la vie. C'est pourquoi la religion l'emportera toujours sur la philosophie.II.1.176 |
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De nos jours, où l'intérêt pour la vie est indolore et la douleur inintéressante, la religion et la philosophie vont main dans la main et servent la même cause - assurer aux hommes une équanimité inébranlable.II.1.268 |
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schopenhauer a.    |
Jedes einzelne Unglück erscheint zwar als eine Ausnahme ; aber das Unglück überhaupt ist die Regel.
Chaque malheur particulier semble être une exception mais le malheur général est la règle.II.1.177 |
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Tandis qu'un bonheur particulier semble dériver d'une règle mais le bonheur universel est ubuesque.II.1.269 |
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sénèque    |
Curae leves loquuntur, ingentes stupent.
La douleur légère parle, la grande est muette.II.1.178 |
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La première s'inscrit dans le bruit des tuiles qui tombent, la seconde - dans les partitions qui appellent leur interprète. La première aurait dû nous rendre muets, la seconde – nous faire parler. L'acoustique réelle et la musique virtuelle.II.1.270 |
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| serres m. |
  À l'infirmerie aucun ne souffre ni ne gémit bien différemment des autres.II.1.179 |
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Les poètes trouvent des exceptions : des maisons de fous où chacun se prend pour Prométhée ou des maisons de Dieu où l'Infirmier accorde une audience privée à toute plainte.II.1.271 |
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shakespeare w.     |
But words are words ; I never yet did hear
That the bruised heart was pierced through the ear.
Les mots ne sont que des mots et je n'ai jamais ouï dire
Que dans un cœur on pénétrât par l'oreille.II.1.180 |
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Un mot mérite son nom quand il s'adresse avec la même insistance à l'oreille, aux yeux et à l'âme (qui est un cordon entre la cervelle et le cœur). Sinon il n'est qu'une entrée du dictionnaire.II.1.272 |
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suarès a.   |
  Nous sommes faits pour l'arbre qu'il faut modeler de notre croix.II.1.181 |
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L'époque préfère ceux qui, même à partir d'un arbre, ne produisent que des figures géométriques, où l'étoile ou la croix se dessinent à coups de compas et de contrats.II.1.273 |
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| swift j. |
  The power of fortune is confessed only by the miserable, for the happy impute all their success to prudence or merit.
Seuls les malheureux croient encore en Destinée ; les heureux, eux, attribuent leurs succès à leurs propres mérites.II.1.182 |
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Dès qu'il extrapole sottement l'inertie du mérite jusqu'aux sources ou fins, l'heureux devient encore plus misérable que le malheureux, privé d'appui courant et recourant à la consolation, vague mais haute, consolation du premier pas ou du pas dernier qui sont les deux limites inaccessibles du nec plus ultra ?II.1.274 |
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ste thérèse d'avila  |
Pati, Domine, aut mori.
Souffrir, mon Dieu, ou mourir.II.1.183 |
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Végéter et vivre - paraît être l'alternative conjonctive plus probante.II.1.275 |
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thibon g.     |
 L'âme, à la différence du corps, se nourrit de sa faim.II.1.184 |
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Un jour, on dévoilera la supercherie : dans les bosses, dues à ses rencontres avec la vie, l'âme cache des provisions secrètes.II.1.276 |
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thibon g.     |
    La difficulté de trouver l'aliment grandit en fonction de la pureté de la faim.II.1.185 |
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Plus la faim est pure, plus l'appétit réveillé est féroce. Nourris ton fauve dans une cage de l'ironie.II.1.277 |
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thibon g.     |
  Là, où jadis je voulais boire, je n'aspire qu'à me noyer.II.1.186 |
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On boit dans les yeux de sa bien-aimée ou dans le livre de son semblable. En s'y noyant, on continue d'en boire. Mais on n'est repêchable que si l'on en avait touché le fond.II.1.278 |
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unamuno m.   |
Seule la détresse fait l’esprit humain maître de soi.II.1.187 |
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Surtout, elle lui fait regretter d’avoir été esclave des choses. Ou du regard des autres : « Là où personne ne te connaît, tu es maître de toi-même »***II.1.188 - H.Arendt - « Where no one knows you, you are master of yourself ».II.1.279 |
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| verlaine p. |
Je voudrais que votre ombre au moins vêtît ma honte.II.1.189 |
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La honte d'une âme dénudée nous dévoile Dieu que tout vêtement gestuel voile.II.1.280 |
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voltaire f.-m.   |
Le bonheur n'est qu'un rêve, et la douleur est réelle.II.1.190 |
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Le rêve s'interprète, la réalité est muette - donc c'est bien la douleur qui est plus près du songe et le bonheur - de l'ineffable éveil.II.1.281 |
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weil s.    |
  Ne pas chercher à ne pas souffrir, mais à ne pas être altéré par la souffrance.II.1.191 |
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Veux-tu être altérée par le plaisir ? L'essentiel, c'est la pose ; tout ce qui sert à la maintenir en bonne hauteur, un délire ou un rire, est bon à prendre. Notre visible a beau être stoïque, notre vue est cynique.II.1.282 |
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weil s.    |
L'apparence colle à l'être et seule la douleur peut les arracher l'un à l'autre.II.1.192 |
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Dans la douleur s'élève l'apparence et chute l'être. Comme la misère s'approche l'essence et s'éloigne l'avoir.II.1.283 |
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weil s.    |
Le plaisir est innocent, à condition qu'on n'y cherche pas la connaissance. Il n'est permis de la chercher que dans la souffrance.II.1.193 |
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La souffrance est aussi aveugle que le plaisir, mais son langage de requêtes comporte plus d'inconnues, ce qui promet des réponses plus riches.II.1.284 |
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weil s.    |
 Il faut avoir eu par la joie la révélation de la réalité pour trouver la réalité dans la souffrance.II.1.194 |
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La joie nous ouvre des vocabulaires, la souffrance apprend à substituer aux mots - des inconnues, que sait combler la réalité polyglotte.II.1.285 |
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weil s.    |
Couper l'arbre et en faire une croix, et ensuite la porter tous les jours.II.1.195 |
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Les croix dressées avec la rigueur des racines ou avec la suavité des fleurs ? Pourquoi s'en prendre à l'arbre, pourquoi n'arracher que quelques épines ? Les vrais stigmates devraient être plus près de la tête que des extrémités.II.1.286 |
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| proverbe anglais |
No coming to heaven with dry eyes.
Nul n'arrive au paradis les yeux secs.II.1.196 |
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Leur éclat a beau appeler le paradis, on a besoin de leur sel pour rappeler la promesse de l'enfer.II.1.287 |
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| proverbe chinois |
   Ne te désespère jamais au milieu du plus sombre chagrin ; des nuages noirs tombe l'eau la plus limpide et fécondante.II.1.197 |
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Méfie-toi de la clarté des sourires ; s'y niche souvent la plus noire des sécheresses.II.1.288 |
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| proverbe latin |
 Qui auget scientiam auget et dolorem.
Gagner en savoir gagner en douleurs.II.1.198 |
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La félicité paralyse les plumes et les pinceaux. C'est pourquoi l'artiste, ne sachant quoi faire d'une béatitude muette, poursuit le traître savoir qui enrichit les vocabulaires de métaphores. « La soif de savoir est donnée par Dieu à l’homme pour le mettre sur le gril »II.1.199 - la Bible.II.1.289 |
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| proverbe russe |
Не было бы счастья, да несчастье помогло.
Il n'y aurait pas eu de bonheur, si le malheur n'y avait aidé.II.1.200 |
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L'ingratitude myope avec le malheur va de pair avec la servilité avec le bonheur, toujours myope.II.1.290 |
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